Le conte de la princesse Kaguya

Kaguya

Isao Takahata est le co-fondateur du mythique Studio Ghibli, créé en 1985 avec Hayao Miyazaki. Il est entre autres, l’auteur du Tombeau des Lucioles (1988) et de Nos voisins les Yamada, sorti il y a 14 ans déjà. Il revient cette année avec Le Conte de la Princesse Kaguya, un projet qu’il porte en lui depuis au moins un demi-siècle.

Le conte du Coupeur de Bambou, dont est tiré le scénario du film, est sans doute le plus ancien — et peut-être l’un des plus fameux contes japonais. C’est l’histoire d’un vieux couple de paysans en mal d’enfant. Un soir, le mari, tailleur de bambous, découvre dans une tige… un bébé ! Il ramène dans leur chaumière la petite fille qu’ils décident d’appeler Princesse Kaguya. Très vite, (mais alors vraiment très vite !) l’enfant grandit au milieu de cette nature préservée, aux côtés de ses amis et des animaux, loin des complications de la grande ville. Mais par un beau matin d’automne, ses parents décident que la belle et intelligente jeune femme qu’elle est devenue doit parachever son éducation dans la capitale du pays.

 

 

C’est le déracinement. Si dans un premier temps, elle découvre avec émerveillement les splendeurs du palais que ses parents ont construit pour elle, afin d’en faire une véritable princesse, rapidement, la nostalgie de la forêt où elle a grandit se fait lourdement sentir, la joie la quitte. La mélancolie d’une enfance heureuse et joyeuse, le souvenir du paradis perdu, la nature enchanteresse… ces thèmes étaient déjà présents dans un dessin animé qui a marqué notre enfance : Heidi, petite fille des montagnes, série initiée par le même Takahata. Mais la comparaison s’arrête là.

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Un enchantement !

Car pour ce qui concerne la réalisation, Le Conte de la Princesse Kaguya relève du défi technique. En effet, tout a été dessiné à la main, puis animé par ordinateur. En 2014, à l’ère de la 3D, il s’agit là d’une véritable prouesse. La créativité du maître japonais apparaît dans chaque scène. Chaque image se présente comme un tableau à la composition parfaite, digne d’une estampe. L’ensemble est d’une beauté bouleversante, lié par une musique et des chansons qui pourraient tirer quelques larmes aux plus sensibles des spectateurs. La scène finale qui souligne les adieux entre les parents et la princesse est particulièrement déchirante. Le Conte de la Princesse Kaguya est un de ces films qui vous marquent longtemps après la séance. Après l’accueil chaleureux qu’il a reçu en mai dernier au Festival de Cannes et quelques semaines plus tard l’hommage rendu au réalisateur au Festival d’Annecy, le film sort ce 25 juin sur les écrans nationaux. Il serait vraiment dommage de le manquer. Allez, encore un petit extrait pour finir de vous convaincre…

 

 

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